"O temps, suspends ton vol et vous, heures propices, suspendez votre cours. "
Nul ne sait si l'auteur de ces lignes songeait à la vallée d'Ossau. Ce que l'on sait c'est que le temps s'y trouve comme saisi par la majesté des lieux. La montagne est comme un conservatoire de toutes les influences culturelles qui se sont succédé en ces lieux.
Différentes catégories vous permettront de mieux découvrir ce riche patrimoine.
Ce coin du midi pyrénéen avait jadis une physionomie propre, qui existait encore sans mélange au siècle dernier, et qui s’était conservée presque intacte jusqu’en 1850.
Ce n’est plus maintenant qu’un département, où les souvenirs du passé ne se retrouvent que dans les sites naturels et dans les vieux airs et chants.
Les vallées d’Aspe et d’Ossau, parmi toutes, ont gardé cet aspect et ces chansons d’autan. Les comtes Gaston de Béarn, Gaston-Phœbus surtout, n’y sont pas oubliés, et dans les chemins creux au-dessus desquels les arbres forment berceau, sur les routes ensoleillées qui suivent les rives du Gave, au fond des nids de fraîcheur blottis dans les montagnes boisées, les échos parlent
encore des héros béarnais que l’on vit aux croisades, au siège de Jérusalem ou bien au cœur des épiques batailles, tantôt contre les Maures d’Espagne, tantôt contre Simon de Montfort.
Bédous est resté l’asile de ces traditions, en même temps que la capitale d’une région poétique et pittoresque. A gauche du village est Accous, tapidans une sorte de petit cirque, à l’extrémité duquel coule un torrentelet qui porte un nom de femme, la Berthe, dont les eaux, grossies aux chutes des neiges, entrent en fureur et roulent avec un fracas épouvantable.
Sur les bords de la Berthe orageuse, entre Bédous et Accous, au pied d’un rempart de granit appelé le Pène d’Esquit, sur un monticule, s’élève la maison où naquit, en 1698, le « Théocrite » du Béarn, Cyprien Despourrins. Ses
ancêtres étaient des pasteurs ; un d’eux s’étant enrichi par le commerce de troupeaux en Espagne, acheta, à son retour, l’abbaye de Juzan et fut anobli. Pierre, le père du poète, servit avec valeur dans les armées de Louis XIV et obtint du roi l’autorisation d’ajouter trois épées à ses armes, en mémoire d’une triple victoire qu’il remporta sur des gentilshommes étrangers avec lesquels il s’était pris de querelle.
Le Béarn eut d'autres poètes avant et après Despourrins. Tel Gaston Phœbus, le prince à la chevelure dorée qui édifia la tour carrée du château de Pau et remplit de l’éclat de son nom la France de la langue d’oc et l’Espagne :
une tradition constante, à travers les siècles, lui attribue la charmante chansonnette que nous donnons dans ce recueil, et que l’on croit avoir été composée par Phoebus en l’honneur d’une reine de Navarre dont il était épris.
« Elle est, dit M. Paul Perret, si populaire de Bayonne à Perpignan, que l’air en est devenu une sorte de pont-neuf sur lequel se chantent d’innombrables couplets célébrant les mérités des filles au capulet rouge, beautés de Bagnères, de Luz, de Cauterets, de Lourdes, d’Argelès et de Pau. »
Citons aussi les chansons de Bitaubé, du médecin Bordeu, de Bonnecaze, de Hourcastrémé, les noëls d’Andichon, les spirituels couplets de Picot, les vers faciles de Lamolère, les vers rieurs et bachiques de Mesplès, les vers si jolis de Vignancour. Le plus populaire des poètes béarnais après Despourrins fut X. Navarrot, qui écrivit vers 1850.
Bibliographie
Gaston MIRAT, Chants populaires du Béarn, 1934, Philippo éditeur.
Robert BREFEIL, Essai sur les chansons et danses populaires de la vallée d'Ossau en Béarn, 1934, Polycopié à compte d'auteur.
Henry GAY, Recueil cantes d'Aüssaü, 1942, manuscrit
Abbé ABBADIE, Canssous d'Aüssaü, 1942, manuscrit
Robert ARRUEBO, Jacques CAUHAPE, Jean-Pierre MATHIS, Recueil des chants d'Ossau, 1968, Polycopié diffusé localement.
Robert BREFEIL, Images folkloriques d'Ossau, 1972, Marrimpouey imprimeur.
Lou cèu de Pau, Chants du Béarn,1984, Graphique imprimerie.
Robert et Gabrielle BREFEIL, Danses d'Ossau en Béarn,1995, Sai Biarritz.
Jean POUEIGH, Chansons populaires des Pyrénées Françaises, 1998, Laffitte Reprints.
Frédéric RIVARES, Chansons et airs populaires du Béarn, 1998, Princi Réguer.
André HOURCADE, Anthologie de la chanson béarnaise, 2006, Monhélios.
Jacques CAUHAPE, Hèch de Cansous, 2007, imprimé sur les presses d'ICN, Orthez.
Compléments lors de notre prochaine mise à jour.
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