La vallée d'Ossau : d'Aüssaü
Culture et Mémoire



EAUX-BONNES.

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La station thermale d’Eaux-Bonnes est située à l’extrémité de la vallée d’Ossau, pittoresque entre toutes, parmi les belles vallées des Pyrénées.
    La petite ville se compose principalement d'un groupe de maisons autour d’un joli et ombrageux square, le Jardin Darralde et des quartiers neufs de l'Église, de la Cascade et d’Orteig.
    Les hôtels et maisons meublées bulleinfoE-Bonnes5 offrent toutes les ressources du confort moderne et ne le cèdent en rien aux établissements similaires des autres stations thermales et même des grandes villes.
    La situation d'Eaux-Bonnes est des plus heureuses. Assise à 748 mètres d'allitiule, à l'entrée d'une gorge que domine le pic du Ger, la ville thermale est entourée par un rideau de hautes montagnes, à l'abri des courants aériens et se trouve, par ses dispositions topographiques dans des conditions climatériques privilégiées. Le climat, y est doux et empreint de cette moiteur si favorable aux poitrines délicates : les chaleurs de l'été y sont tempérées et les transitions de température n'y sont jamais extrêmes. En dehors de ces avantages, la célèbre station thermale possède un réseau de promenades agréables, ombragées et d’un accès facile aux malades.
    La population fixe de la commune d’Eaux-Bonnes est de 753 habitants. Cependant le nombre des personnes qui s’y rendent pendant la saison thermale (1er Mai au 1er Octobre) s’élève jusqu'à 5 et 6,000 chaque année.
    On accède à Eaux-Bonnes par une belle avenue qui relie la gare du chemin de fer à la station thermale.

    Certains auteurs, se fondant sur un passage de Pline et sur l’existence de quelques monuments archéologiques dans la vallée d’Ossau, prétendent que les Eaux-Bonnes étaient connues des Romains.
    Quoiqu'il en soit, nous n’avons aucune donnée historique positive sur la découverte de ces sources et sur l’époque à laquelle on commença à les employer.
    D’après une légende accréditée dans le pays, une vache, atteinte d'ulcères, se serait guérie en se baignant guidée par l’instinct, dans une nappe d’eau qui sourdait à l'entrée de la gorge de Lacoume, et d’où s’exhalait une forte odeur de soufre.
    Intrigué par les absences journalières de l’animal, le berger l’aurait suivie et aurait ainsi découvert la source précieuse. Le bruit de cette cure se répandit dans la vallée, dont les habitants commencèrent à faire usage des Eaux-Bonnes.

    Celles-ci restèrent toutefois dans l'oubli.

    Ce n’est qu’au XIVe siècle que les chartes en firent mention pour la première fois, à l’occasion du séjour d’une princesse de la famille des vicomtes de Béarn. D'après les chroniques du temps, le fameux Gaston Phoebus s’y rendit avec sa cour, pour chasser l’isard sur les hauteurs du pic du Ger.
    Notons, en passant, qu’à cette époque les sources d’Eaux-Chaudes jouissaient d’une grande vogue.
    L’histoire ensuite reste muette jusqu’au XVIe siècle.
    A cette époque, les guerriers navarrais, blessés à la bataille de Pavie, sont envoyés aux Aiguos-Buonos, réputées alors pour la guérison des plaies.
   Le roi Henri II de Navarre, lui-même, se transporta à Eaux-Bonnes avec une suite nombreuse.
    L’efficacité des eaux propagea leur réputation et leur valut à cette occasion le nom d’Eaux d’Arquebusade.
   Depuis lors, leur vogue va grandissant.
   Marguerite de Valois, l’historien de Thou, Henri IV et même Michel Montaigne, ce mordant critique de la médecine, en firent usage. Montaigne dans ses Mémoires, les appelle Gramontoises, en l'honneur de son protecteur le chancelier de Gramont, d'une famille alors toute puissante en Béarn.

    Peu fréquentées à cause du mauvais état des chemins, ces eaux n'acquirent, pour ainsi dire, une véritable renommée, que vers le milieu du siècle dernier.
   Jusque-là les Eaux-Bonnes n'avaient été jugées propres que pour la guérison des infirmités extérieures. Ce fut un enfant du pays, le célèbre médecin Théophile de Bordeu qui les releva, en proclamant leur efficacité pour le traitement de maladies de poitrine, affirmation qui est aujourd'hui justifiée.
   Les Lettres à Madame de Sorberio sont une publication célèbre qui fit la fortune des thermes Eaux-Bonnaises, et consacra leur réputation.
   Eaux-Bonnes devint alors une des stations thermales les plus en renom.

    Mais c'est surtout depuis le commencement du siècle actuel que ces thermes ont pris tout leur essor.
   En 1808, M. de Castellane, alors préfet des Basses-Pyrénées, donna une forte impulsion à la station thermale. Une route carrossable vint remplacer le sentier escarpé qui conduisait à Eaux-Bonnes :
    des améliorations et des embellissements furent effectués, et M. de Castellane sût y attirer, grâce à ses relations personnelles, l'élite de la société parisienne. En 1836, la nomination de M. Prosper Darralde comme médecin-inspecteur, marqua une nouvelle ère de progrès et de prospérité.
   L établissement conquit une vogue universelle.
   Les constructions s'élevèrent de toutes parts. Dès 1850 le village d'Eaux-Bonnes prend les allures d'une petite ville. Peu après, on peut y compter jusqu'à 4.000 baigneurs pendant la saison. Quelques uns de ceux-ci, tels que :
   MM. Jacqueminot,
   Gramont,
   Moreau.
   Eynard, ont tenu a donner a ces eaux un témoignage public de leur reconnaissance. La station thermale leur doit les belles promenades qui en sont un des principaux attraits.

   Dès ce moment, la renommée des Eaux-Bonnes n'a fait que croître de jour en jour. La station thermale est aujourd'hui en pleine prospérité. Elle offre à ses visiteurs, en même temps que le confort désirable toutes les ressources de la thérapeutique hydrominérale un ensemble de distractions, telles que concerts quotidiens, théâtre, soirées, etc. Un Casino monumental bulleinfoCasino
apporte à ce petit coin de la montagne son contingent d'agréments.
    Le Grand Établissement Thermal, est situe au centre même de la ville, ce qui est d'un avantage important pour les malades. Les sources sont sulfurées sodiques calciques et ont la particularité qui leur est exclusivement propre de posséder la double sulfuration sodique et calcique.
    Les cinq principales au nombre de cinq, sont :
  • 1° La Source Vieille.
  • 2° La Source Nouvelle.
  • 3° La Source d'En Bas.
  • 4° La Source d'Orteig.
  • 5° La Source Froide
    — La Source Vieille, la plus anciennement connue est celle dont le degré de thermalité est le plus élevé 32°. C'est à cette source que les Eaux-Bonnes doivent leur réputation. Elle est exclusivement réservée, à la boisson, aux pulvérisations et : à l'embouteillage.

   — La Source d'En Bas 28° et la Nouvelle 31° avec des griffons voisins de la même nappe, sont employées en bains et pédiluves.

    — La Source d'Orteig 22° alimente avec cinq griffons la buvette et les baignoires d'un second établissement thermal.
    — La Source Froide 12° aménagée dans un Chalet est employée dans les affections nerveuses de l'estomac et dans certaines maladies des yeux.

    Ce sont les maladies de l'appareil respiratoire qui ont fait la réputation thérapeutique des Eaux-Bonnes. Elles sont employées avec efficacité dans toutes les maladies chroniques des organes respiratoires, la pharyngite, la bronchite, l'asthme, la pleurésie, la pneumonie, et surtout la phthisie pulmonaire, contre laquelle l'Eau de Bonnes est l'agent le plus puissant que la thérapeutique connaisse, et dont l'efficacilé est consacrée par un siècle d'observations médicales.
    Nous lisons à ce propos dans le traité de thérapeutique et de Matière Médicale de Trousseau et Pidoux que « l'Eau minérale d'Eaux-Bonnes montre une profondeur d'action à laquelle les médicaments des officines n'ont rien de comparable » et que « l'Europe Thermale ne peut même rien mettre à côté d'elle dans ce genre. »
    Eaux-Bonnes est un des points des Pyrénées les plus riches en sites pittoresques

   La station thermale possède un réseau de promenades ombreuses et d'un accès facile.
    — D'abord, au cœur même de la ville le jardin Darralde, bulleinfo le rendez-vous élégant, surtout pendant les concerts qui ont lieu tous les jours.
    — Ensuite les promenades Gramont, Jacqueminot, Eynard, celle du gros Hêtre superbe route carrossable, et enfin la promenade horizontale d'où l'on découvre le riant, panorama de la vallée d’Ossau.
    Aux environs d'Eaux-Bonnes tombent de belles cascades, dont la plus admirée est celle du Gros Hêtre.
    Les villages de la vallée d'Ossau offrent d'intéressants buts d'excursion aux archéologues et aux curieux.
    Parmi les courses en voiture, citons l'excursion à Eaux-Chaudes et Gabas, route fort pittoresque aux tableaux variés et celle d'Argelès et Cauterets par le Col d'Aubisque, une des routes les plus remarquables des Pyrénées.
    Les touristes n’ont que l'embarras du choix entre les pics avoisinant. Eaux-Bonnes, parmi lesquels le pic du Midi d'Ossau tient la première place.

   Tel est à larges traits le tableau qu'offre la station thermale d'Eaux-Bonnes, tant au point de vue médical que sous l'aspect mondain et pittoresque.
    Aujourd'hui pour décrire comme elles le méritent les beautés de ces sites où se trouvent réunies toutes les magnificences de la nature.


puce Sources
  • A.Aréas, Courrier d'Eaux-Bonnes, 14 rue Taylor, N°.128, 1892 Pau
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