La vallée d'Ossau : d'Aüssaü
Culture et Mémoire




MÉDECIN CHEF DE LA BRI bulleinfo Denis-Safran

Denis-Safran

   Des montagnes de Laruns à la salle de spectacle martyre le 13 novembre 2015, la trajectoire de Denis Safran est un destin. L’histoire d’un petit parisien né dans le 8e arrondissement qui se présente Béarnais et plus « OSSALOIS » d’adoption et de culture.
   Parce que Laruns, en Vallée d'Ossau est le fief d’André Fabre, un proche de sa famille. Il y a passé non seulement toutes les vacances de son enfance - « A cette époque les vacances étaient beaucoup plus longues que maintenant » et même une année de scolarité à l’école primaire. « Si on ajoute les mois les uns aux autres, ça fait beaucoup de temps à Laruns ».
   Je le revoie descendre l'avenue de la gare avec, Madame Fabre mère pour s'occuper de la caisse du Cinéma Jeanne-D'Arc les dimanches après-midi.

   Le professeur Denis Safran n'est pas un médecin tout à fait comme les autres. Il a voué sa vie entière à la médecine, considérant qu'il n'y a pas de séparation entre son domicile et l'hôpital. Il vit d'ailleurs sur une péniche amarrée sur les quais de la Seine, à quelques centaines de mètres de l'hôpital européen Georges-Pompidou.
    Issu d'un milieu modeste, fils et petit-fils d'immigrés russes et polonais, dont la famille a été décimée dans les camps de concentration, rien ne prédestinait Denis Safran à embrasser une carrière médicale et encore moins à devenir professeur de médecine, au temps des mandarins omnipotents et de l'hôpital des pauvres.

    Devenu médecin chef de la BRI l'ancien Antigang, et chef de service d'anesthésie et réanimation de l'hôpital européen Georges-Pompidou après une enfance en partie passée à Laruns, Denis Safran accompagne cette unité d’élite dans toutes ses actions.

   Le 9 janvier 2015, il participe à l’assaut contre l’HyperCacher.
   Le 13 novembre 2015, il est le premier médecin à entrer au Bataclan.

   Il a été chef de clinique (1978-1982), assistant des universités (1982-1990), puis professeur des universités au CHU Necker Enfants malades de l’université Paris-V. Praticien hospitalier et professeur des universités au département d’anesthésie-réanimation de l’hôpital Laënnec, à Paris, en 1990, Denis Safran a dirigé les services d’anesthésie-réanimation chirurgicale des hôpitaux Broussais, Boucicaut et Laënnec de (1998 à 2000).

   Conseiller santé au cabinet du préfet de police de Paris depuis 2014, il est conseiller santé au cabinet du ministre de l'intérieur (2014-2021).
   
   Le parcours exceptionnel d’un médecin au chevet du pire.
   A 20 ans, il décide de vouer sa vie à réparer des corps cassés.
   Dès ses débuts de médecin, il va chercher des blessés de la route avec l'un des tout premiers Samu et, en 2000, il crée un grand service d'anesthésie-réanimation pour les polytraumatisés à l'hôpital Georges-Pompidou.

   Depuis sa péniche amarrée sur la Seine ou à la Brigade des Sapeurs-pompiers, il répond aux urgences 24h sur 24, pour le shah d'Iran, un dignitaire irakien comme pour un simple anonyme.
    En 2011, il médicalise la BRI pour ses missions dangereuses, en devient médecin-chef, et partage sa vie entre le 36 quai des Orfèvres, le ministère de l’Intérieur et la Préfecture de Police, où il est conseiller pour les affaires médicales.
   Cette même préfecture d'où partit l'ordre, il y a quatre-vingt ans, d'embarquer pour les camps la famille de son père.
    Une façon pour lui de conjurer le passé indigne de l’État français ?

   Ce farouche républicain est toujours prêt pour une nouvelle mission de service public.

Sources

  • Le Monde, La République des P-A.
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