La vallée d'Ossau : d'Aüssaü Culture et Mémoire
LA COMPAGNIE DU MIDI
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La ligne de Puyoo à Pau.
Cette loi ne fut pas suivie immediatement d’effet. Les discussions trainèrent durant 5 ans pour déterminer un tracé. Le législateur restait très vague quant au choix de ce dernier. Un premier projet prévoyait de relier Pau à Tarbes par le plateau du Ger et de relier Lourdes par une simple antenne depuis Tarbes.
Forte de ce fait, une commission municipale paloise entreprenait en 1860 l’étude de l’emplacement de la gare de Pau a l’extrémité
de la rue des Cultivateurs (actuellement Rond Point de la Commune de Paris) et les travaux démarraient au départ de Poey Lescar et d’Aussevielle pour atteindre le nord de Pau.
A l'est de Tarbes, rien n’était défini non plus et les discussions furent longues et âpres :
Deux tracés étaient proposes :
• Un par Bagnères de Bigorre et la Barthe de Neste avec un tunnel sous l'Arros vers l’Escadieu.
• L'autre par Tournay et Lannemezan.
Le célèbre plateau de Lannemezan constituait en effet un obstacle géographique pour les techniciens de l'époque et si le cout de
construction par Capvern était moindre que par Bagnères, l’exploiration ultérieure de la ligne eut à patir de frais importants pour franchir cette longue rampe de 33 %.
La municipalité de Lourdes, quant à elle, voyait d’un mauvais oeil la desserte de sa commune par une simple antenne au départ de Tarbes.
Pendant 5 ans, les communes de Tarbes, Lourdes, Bagnères et Lannemezan se battirent pour recevoir le chemin de fer.
Il semblerait que les dirigeants de la Compagnie du Midi penchèrent en fait très rapidement pour la desserte directe de la cité
mariale. En effet, tout portait à croire que les apparitions de la Vierge, en 1858, allaient amener, dans la commune, un nombre
conséquent de pélerins. Par contre, en ce qui concerne le tracé de Lannemezan, la décision fut surtout décidée par la présence des militaires : le camp de Lannemezan était en cours de réalisation et une desserte par le chemin de fer semblait impérative aux autorités.
Le 4 janvier 1861 l’Empereur Napoleon III entérinait le tracé de la portion Tarbes-Montréjeau par Capvern et Lannemezan. Le fait que l’Empereur fasse des cures à Capvern ne serait d’ailleurs pas étranger à cette decision...
La ville de Bagnères de Bigorre, écartée du projet, protesta contre cette décision. Pourtant, le 30 novembre 1861, le tracé difinitif, que nous connaissons actuellement, était adopté par le législateur.
Les travaux entrepris sur Poey-Lescar et, Aussevielle furent abandonnés. Plusieurs ouvrages d’art, encore visibles aujourd'hui
avaient déjà été construits...
Il ne restait plus qu’à édifier la plateforme et à poser la voie depuis Dax à l'Ouest et depuis Tarbes a l’Est ou le chemin de fer était arrive depuis le 24 septembre 1859.
La population s’impatientait devant la lenteur des discussions. Pour satisfaire les Palois et leurs élus, une gare provisoire fut établie à Billère. En août 1862, le premier train (de travaux) arrivait dans cette Commune :
« Hier jeudi, à cinq heures et demie du soir la première locomotive est arrivée jusqua Billère, à quelques pas de la future gare qui sera atteinte aussitôt après l'achèvement aujourd'hui presque complet, d'un ponceau.
« Bien qu’aucun avis n’eut été donné public sur cette agréable circonstance plus de 200 personnes s'étaient rendues au point
d'arrivée où l‘on avait improvisé un petit arc-de-triomphe rustique, portant au sommet cette désignation : Pau.
« Le coup de sifflet si longtemps désiré à été salué par de joyeuses acclamations. La locomotive qui porte le numero 124 et le nom
de Port-Ste-marie, était ornée de superbes bouquets ; elle traînait un wagon a matériaux sur lequel avaient pris place, avec monsieur l’ingénieur de la Compagnie, les employes et ouvriers du Chemin de fer. Le point de départ avait été Artix.
« Aucune lacune n’existe plus donc de Bayonne jusqu'a Pau ; mais il reste quelques travaux de consolidation à pratiquer dans la région marécageuse de Peyrehorade. Sans cela nous pourrions nous dire enfin arrivés au bienheureux moment appelé par nos voeux
depuis si longtemps, et qui doit être le commencement d’une nouvelle ère de prospérité pour notre pays. Ce moment, dans tous les
cas, n'est pas très éloigné ».
« Le Mémorial des Pyrénées » 2 août 1862
La ligne fut officiellement ouverte a l’exploitation le 4 mars 1863.
Contrairement à ce que prévoyait le reporter du Mémorial des Pyrénées, il fallut tout de même trois ans pour achever la courte section de Billère a Pau, en raison des travaux nécessités par la tranchée le long du Gave et sous le pont du 14 juillet. La voie se situe en effet a cet endroit au-dessous du niveau de la rivière.
La section Billère-Pau fut ouverte le 21 novembre 1866 et c’est le 15 juin 1867 que l'ensemble de la ligne Toulouse-Bayonne fut
mise en service, trente ans après la première concession du Chemin de Fer de Bordeaux à La Teste.
Il est à noter que le procès-verbal de reconnaissance définitive de la ligne ne fut rédigé que le 17 février 1869 et approuvé par le Ministère des Travaux Publics le ... 22 avril 1883 !
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Sources
- Jacques Willigens, L'Histoire du rail en Béarn, N°. Hors-Série, 1988
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