La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire




   
L'AUBE D'ABRIU

Nou tardes pas, berougine irounglete
Ca-i tourna lèu, lou to nid ei guardat.
Ger que cuelhoi la premère briulete.
A ! Si sabès quant d'ahides m'a dat !
Quan te n'anès un baran de tristesse
Croubi la borde e lou ton cabirou
Mes l'aube d'aur, toustemps riche en proumesses,
Qu'aubreish la porte au temps de la beror.


Aube d'abriu clarejante, estiglade
Tu qu'es ta touts un blos simbèu d'amour
Au roussinhou das la nueit estelade
Enta canta sa permère cançou.
Que es bira la laudete esberide,
E qu'as un milh tau meni rei-petit.
Nou tardes pas, biatjadore caride,
Ca-i sauneja hens deu toun béroi nid !


Tu, jouen pastou, quita lèu l'arribère
Que soun passats lous grans hreds de l'ibern
Que bederas l'aurei de primabère
Har segouti la huelhe sus deu bèrn.
Que pots quita shens regrèt la campanhe
D'es hlors d'abriu bibera toun troupèth
Per tout coustat qu'esloureish la mountanhe,
Ò temps d'amou ! B'ès beroi e b'ès beth.


Aube d'abriu ! B'ei fière la pastoure
Quan bed tourna l'eslejut deu son còr !
Si dab lou hred pendent l'ibern e ploure,
Per tu que cante, e b'ei gaujos aquo !
Douma mati, la permère calhade
Sera guardade au cubat dab gran suenh
Dab quin bounur sera prese e balhade
Si Diu soulet d'aquere ore ei temuenh !.


Aube d'amou, de rève e d'esperance
Au jouen que das lou perhum de la flour
Mercès a tu, lou bielh membrance
Deu soun bounur com deu soun permè plou.
Larmes d'amou ! Quau ei qui nou'n barreje
Quan lou gran rève e s'escape hueitiu ?
Si dab lou sou coum lou liri blanqueje,
L'oumbre deu sè que'u ren negre e caitiu.

Ne tarde pas, jolie hirondelle,
Viens, reviens bientôt, ton nid est gardé.
Hier je cueillis la première violette.
Ah ! Si tu savais combien d'espoir elle m'a donnés !
Quand tu partis un halo de tristesse
Couvrit la grange et ton chevron.
Mais l'aube d'or, toujours riche en promesses,
Ouvre la porte au temps de la beauté.


Aube d'avril éclatante, éblouissante,
Tu es pour tous un pur symbole d'amour
Au rossignol tu donnes la nuit étoilée
Pour qu'il chante sa première chanson.
Tu fais tourner l'alouette éveillée,
Et tu as un mil pour le petit roitelet.
Ne tarde pas, voyageuse chérie,
Viens rêver dans ton joli nid !


Toi jeune pasteur, quitte bientôt la plaine,
Ils sont passés les grands froids de l'hiver
Tu verras la brise de printemps
Secouer la feuille de l'aulne.
Tu peux quitter sans regret la campagne,
De fleurs d'avril vivra ton troupeau
De tout côté fleurit la montagne,
Oh temps d'amour ! Que tu es joli et que tu es beau !.


Aube d'avril ! Qu'elle est fière la bergère
Quand elle voit revenir l'élu de son coeur !
Si avec le froid pendant l'hiver elle pleure,
Pour toi elle chante, et que cela est joyeux !
Demain matin, le premier caillé
Sera gardé dans le « cubat » avec grand soin.
Avec quel bonheur il sera pris et donné
Si Dieu tout seul de cette heure est témoin !


Aube d'amour, de rêve et d'espérance,
Au jeune tu donnes le parfum de la fleur.
Grâce à toi, le vieux garde souvenance
De son bonheur comme de son premier pleur.
Larmes d'amour ! Quel est celui qui n'en verse
Quand le grand rêve s'échappe furtif ?
Si avec le soleil comme le lis il blanchit,
L'ombre du soir le rend noir et captif.



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