La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire




A  LA FRESCOU DU BERD BOUSCATGÉ

A la frescou d'u berd bouscatgé
Lou cò plé de mille doulous
U bergé deu nouste bilatgé
Cantabe de tristes cansous.

Penden co, soun amiguette
Per aquiu bien a passa
Eth d'ue course leugerette
Bole au daban tà l'estangua.

Digues, mamou Margalidette,
Si't'semble qu'ayi prou souffrit ?
Qué ja lountems qué ta minette
Trouble mouns sens e moun esprit.

Qu'as trop countat sus ma feblesse,
Are b'at saurey per segu
Mouri de hèyne ou de tendresse,
Enta jou bey aco tout ù.

Si't soubié dé quoan dé flourettes
Per tu jou n'anabi cerca ?
Nou't gouardabi jou las aulhettes,
En tà dansa, n'abes la ma ?

Countes per tà petits aufficis
Quoan te birey deu cà enrajat ?
Si es countente dé moun serbici,
Probe are qué't an agrada.

A la fraîcheur d'un vert bocage
Le coeur plein de mille douleurs,
Un berger de notre village
Chantait de tristes chansons.

Cependant, sa jeune amie
Par là vient à passer
Lui d'une course légère
Vole au devant d'elle pour l'arrêter
.

Dis-moi, Marguerite chérie,
Crois-tu que j'ai assez souffert ?
Il y a longtemps que ta figure
Trouble mes sens et mon esprit.

Tu as trop compté sur ma faiblesse,
Maintenant j'en serai certain
Mourir de haine ou de tendresse,
Pour moi cela est tout un.

Te rappelles-tu combien de fleurs
Pour toi j'allais chercher ?
Ne gardais-je pas tes brebis,
Pour danser, ne t'offrais-je pas la main ?

Regardes-tu comme si petit service,
De t'avoir garantie du chien enragé ?
Si tu es contente de mes soins,
Prouve maintenant qu'ils t'ont agrée.