La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



A   MALAYE LA BUGADE

A Malaye la bugade
Qui't vi téner suu tucòu.
De la permère uelhade
De tu pensei bader hòu !
Moun Diu ! Quant de gracietes
Sus touns trèits jou bi lusir !
Lou qui pintre las moungètes (bis)
A'us traçar se diberti. (bis)

Soubien-te de la cassore
Oun hasès càder lous glands
Tau hrisho n'anès en còrrer,
En me hant afronts sanglants !
Quant de còps a la barguère,
Quant de còps au men cledat
No'm hes créder, mensoungère,
Que mouns huecs t'aben toucat.

Mes troumpuse assegurade
Quin s'ei poudut aquerò ?
Be i a chic de ressemblance
Enter ta bouca e toun còr !
Despuish ença, pastourete
Las paishères deu me prat
N'an coulat autant d'aiguete
Coum de larmes m'as coustat.

Lous ausèths planhen mas pènes
Lous arrius que n'an plourat,
E capbath aqueste pene
Tout que'm pareish desoulat.
Adiu, dongas, pastoure
Ingrate, shens nade amou
Non beiran plus sus l'erbète,
Lou men troupèth dab lou tou !

Ah ! Maudit soit la lessive
Que je te vis étendre sur la butte.
Au premier regard
De toi je crus devenir fou !
Mon Dieu ! Que de grâces gentilles
Sur tes traits, je vis briller !
Celui qui peint les haricots
A les tracer s'amusa.

Souviens-toi du grand chêne
Où tu faisais tomber les glands.
Jusqu'au frène tu allas en courant,
En me faisant des affronts sanglants !
Que de fois dans le parc,
Que de fois dans mon enclos,
Tu me fis croire, menteuse,
Que mes feux t'avaient touchée.

Mes trompeuse assurance
Comment cela a-t-il pu arriver ?
Qu'il y a peu de ressemblance
Entre ta bouche et ton cœur !
Depuis lors, bergèrette
Les ruisseaux de mon pré
N'ont coulé autant d'eau
Que de larmes tu m'as coûtées.

Les oiseaux plaignent mes peines;
Les ruisseaux en ont pleuré,
Et au milieu de ces rochers
Tout me paraît désolé.
Adieu, donc, bergerette,
Ingrate, sans aucun amour,
On ne verra plus sur l'herbette,
Mon troupeau avec le tien.