La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire


A MIGOUS DE LA TABALHE
   

Amigous de la tabalhe
E mey que mey deu bou jus
 Permétut noun's ey brigailhe
A taule de ha lou mus
Ja que lou diu de ripailhe
Dap l'arridentou moumus
Nou sauren counta per dus.

Deu chay e de la cousine
Lous Dius en laudat lou chuc
A qui nou da brabé mine
Qu'ey au mench u désestruc.
Deu burat dinqu'a l'hermine
A mench que d'abé mau truc
Nou y a pas nat "pot-eschuc"

Per jou si de la tristesse
Me biené lou galamou
Nou y a rémédi qui'm hesse
Coum l'assiete e lou flacou
En ta usa chens paresse
Nou'm caléré nat sermou
E qu'auri leu boune humou.

Si moun sentiment b'agrade,
Amigous, tau heyt, tau dit,
Dem-ne touts ue halénade
Deu boussat, de l'esblazit
E si nat hè réculade
D'aygue blouse, peu délit
Qu'aje lou cò enfadit !

Amis de la bombance
Et par-dessus tout du bon jus,
Il ne nous est pas du tout permis
A table de bouder ;
Alors que le dieu de ripaille,
Et le gai momus (vin)
Sauront nous compter chacun pour deux.

Du chai et de la cuisine
Les dieux ont loué le goût :
Celui qui n'en a pas bonne mine
Est au moins un maladroit.
Du couvert de bure au couvert d'hermine,
A moins qu'il n'ait un mauvais coup,
Il n'y a aucun « lèvres sèches ».

Pour moi, si de la tristesse
Me venait le cafard,
Il n'y a aucun remède qui me fasse
Comme l'assiette et le flacon :
Pour en user sans paresse
Il ne me faudrait aucun sermon,
Et j'aurais bientôt la bonne humeur.

Si mon sentiment vous agrée,
Amis, aussitôt dit, aussitôt fait,
Donnons-en une sucée
Du bouché, du décoloré :
Et si qulqu'un recule
D'eau pure, pour ce délit,
Qu'il ait le coeur affadi.