La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire


A U HAZANHET DEU DRAPEU
   

Hazanhet, qué tiénés la place
Dé gnaüt' aüzèt plus gran qué tu;
Mey qu'as soun co, qu'as soun audace,
Bérn sémble què héras toutu :
Eth j'eus neüribe dé sa glouère,
Churle de libertat ou chic.

Dans-y bou pic
U bou péchic !
Niés ail pourè tié-té hort, lou mé mic !
Diti sab quin la té gouarde hère
Lou gat-pitoch dé Metternich !

, deu couchant enta l'aubete,
Bè rescauha tout cô hérit;
Qué nat deus poples en raübete
Non sia hore dé toun crit;
A marcha souls y chéns lizière
Dé tu qu'aprenguen ric-per-ric.

Y la Belgique y la Polonhe
Qu'aguson la haitx, lou bédouilh;
Déjà, sus lou sou dé Bolonhe,
Més tau Saint-Père nou s'y mouilh :
Adiu, sa baque bétérère
Si n'a recours au Caserlic.

Tous drapéléts, qu'iu hén la nique
A l'Anglés qué dan bertigous;
Qué bolen au soureihl d'Afrique,
Coum béth ahoalh dé parpalhous ;
Tabé, dens nat corn dé la terre,
Deüs homis nou's heram mey trafic.

Pertout hé sourti la séménce,
Espernican coum ù tentat,
Sinou dé l'arbé dé sapience,
Au mens deu de la libertat !
Pertout s'en trobo chic ou hère,
Dé la ha badé qu'ey lou hic.

Qué tout clouché ta bouts ségounde,
Enta souna toun carilhou;
Cante lou gran rébeil deu moundé ;
Aus Reis da sus l'adromilhou ;
Y que ta fère bimbalère
Tots tots débarém chic a chic.

Mes qué hes d'aqueths grans estayres,
Truque taulès de Députats ?
Certes noum mentabéres goayres,
Qui prou nou's sien apastats;
Au moundé n'an d'aute couente ouère
Qué dès grata hort lou mélic.

Qué séram, en séguin ta trace
Toustém au cami dé l'aünou,
Quoan, dé las mas de sent Ignace
E sérés bénédit ou non ...
Lou Pouloy que use arrébère,
He'u dounc passa lou darrè cuic !

Petit coq, tu tiens la place
D'un autre oiseau plus grand que toi ;
Mais tu as son coeur, tu as son audace,
Il me semble que cela ira malgré tout :
Lui déjà nous nourrissait de sa gloire,
Une goutte de liberté, ou peu...

Donne-nous-y un bon coup de bec,
Un bon pincement !
Mais au poulailler tiens-toi fort, mon ami !
Dieu sait comment te la réserve belle
Le putois de Metternich.

Va du couchant jusqu'à l'aube,
Va réchauffer tout coeur blessé ;
Qu'aucun des peuples en robe
Ne soit en dehors de ton cri.
À marcher seuls et sans lisière
De toi que nous apprenions point par point.

Et la Belgique et la Pologne,
Aiguisent la faux, la serpe:
Déjà sur le sol de Bologne
Pour le Saint-Père plus on ne trait ;
Adieu sa vache nourricière,
S'il n'a recours au Caserlic ?

Tes petits drapeaux, qui lui font la nique,
À l'Anglais donnent des vertiges,
Ils volent au soleil d'Afrique
Comme un bel essaim de papillons !
Aussi, dans aucun coin de la terre,
Des hommes on ne fera plus commerce.

Partout fais sortir la semence,
En grattant le sol comme un damné,
Sinon de l'arbre de la sagesse,
Au moins de celui de la liberté !
Partout on en trouve peu ou prou :
De la faire naître, voilà le hic.

Que tout clocher ta voix seconde
Pour sonner ton carillon ;
Chante le grand réveil du monde :
Et les Rois tiens en éveil
Et que pour nous foutre la paix
Tous, tous, descendent de leur trône peu à peu.

Mais que fais-tu de ces grands rentiers,
Fainéants de députés ?
Certes, tu n'en nommerais pas beaucoup
Qui ne se soient pas engraissés ;
Au monde ils n'ont d'autre occupation, vois-tu,
Que de se gratter fort le nombril.

Nous serons en suivant ta trace,
Toujours sur le chemin de l'honneur,
Quand des mains de saint Ignace
Tu serais béni ou non.
Le dindon nous fatigue
Fais-lui donc passer son dernier Couic !