La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



L AS TRÈS COUMAYRETOS

Be y abè très coumayrétos (bis)
Qui'n boulen ha u banquet
Ladira-diréto, ladira
Qui'n boulen ha u banquet
Tira lou brouquet, trauquet

Be s'en ban porto per porto
Demanda lou bi quan ey

Au Bernat be'n ey a coate
Au Matiu be'n ey a très

Que s'entaulon au de coate
Qu'ey mey bou que lou de très

L'uo es pléo la coujéto
Que tienè coate chaupets

L'aute es tiro uo carboado
La mieytat de soun pourquet

L'aute es tiro uo fougasso
Qu'abè mey d'u pam d'espés

E que pinton, qu'arrépinton
S'embriagan toutos très

Puch que canton e que danson
De tems en tems cauque pet

Lous marits las biénen coelhe
Harri dau ! a cop de fouet

L'uo cad débat la taulo
L'aute de tras la pared

La qui mey se goubernabo
De trébès s'esten au hoec

Jes ! se dits labets soun omi
Bet trounhoc qu'abem au hoec !

Il y avait trois petites commères
Qui voulaient faire un banquet
Ladira-dirette, ladira
Qui voulaient faire un banquet,
Tire la cheville, buvons..

Elles vont de porte en porte,
Demander le prix du vin.

A quatre sous Bernard le donne,
Mathieu le donne pour trois.

Se mettent à table à celui de quatre,
Il est meilleur que celui de trois.

L'une va remplir la gourde,
Qui tenait quatre petites chopes.

L'autre apporte une tranche,
La moitié de son cochon.

La troisième a belle miche,
Plus épaisse que la main.

Elles boivent et reboivent,
Et se saoulent toutes trois.

Elles chantent elles dansent,
Non sans faire quelque vent.

Les maris viennent les chercher,
Et hop là, à coup de fouet.

L'une tombe sous la table,
L'autre choit le long du mur.

Celle qui semblait moins saoule,
En travers s'étend dans le feu.

Dieu merci ! Clame alors son homme,
Belle bûche nous avons au feu.