La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



LOU DÉPART DEÜ COUNSCRIT
DÉDIADE A M. LOUIS DE LAVILLETTE

Que cau parti loenh deu bilatge
Que cau quita ço qui aymi mey
Ailàs moun Diu dat-me couratge
Sustienetz-me dens moun gran goeyt.
Adiu païs qui m’a bist bade
Loenh deus amics de moun amou
Oun cau praubet jou qu’ani cade
En quin païs jou n’at sei nou

Que harey jou shens las mountanhes
Oun tout mati soul y puja
Shens que pigou nou m'acoumpanhe
Loenh de moun praube cujala.
Cargat deu sac darrè la rée
Dab lou fusilh e municious
Que serey loun de ma balée
En quin païs ? Jou n’at sei nou.

A praube may que cau que hasçes
Si lou to hilh e't deu quita ?
B'as a ploura tu quoan m’abraces
Pendent sèt ans b'as a ploura.
A deu souldat tau ei la bite
Tau ei lou sòrt la coundiciou
Qu’ei a pourta la me(a) marmite
En quin païs ? Jou n’at sei nou.

Que courrerei per las gan(a) biles,
Que béderei de bèths palais ;
Besti, cauçat, shens aber miles,
Tout bigarrat coum lous laquais.
Mes lou doç èr de la mountanhe
Que'm mancarà dab l'escautou.
S'ei nat chegrin, a qui'm cau plànhé,
A qui praubet ? Jou n'at sèi nou.

Dus mouts tà tu, ma Margalide
A tu moun cô coum t’ei jurat
Que bau parti mes qu’ei l’ahide
De poude tiene l’amistat.
Que tournarei coum l’iroundèle
Goarde'm toustemps toun tendre amou
Goarde'm taben la fe fidèle
At haràs tu ? Jou n’at sei nou.

Si soy tournat de la campanhe
Si pots be serèi carporau,
Qu'arribarei tà la mountanhe
D'aur te darèi, croutz e didau.
Que't countarèi quin de la guèrre
Me soy sourtit dab gran aunou.
Mes tà labetz, quine misère !
E tournarèi ? Jou n'at sèi nou.

l faut partir loin du village
Il faut quitter ce que j'aime le plus.
Hélas, mon Dieu, donnez-moi le courage,
Soutenez-moi dans mon grand malheur.
Adieu pays qui m'a vu naître.
Loin des amis, de mon amour
Où faut-il pauvret que j'aille tomber
Dans quel pays ? Je n'en sais rien.

Que ferais-je sans les montagnes
Où chaque matin j'avais l'habitude de monter
Sans que pigou (nom de chien) ne m'accompagne
Loin de mon pauvre parc à brebis.
Chargé du sac derrière le dos
Avec le fusil et des munitions
Je serai loin de ma vallée
Dans quel pays ? Je ne sais rien.

Au pauvre mère que faut-il que tu fasses
Si ton fils doit te quitter ?
Tu as à pleurer quand tu m'embrasses
Pendant sept ans tu as à pleurer.
Ah du soldat telle est la vie,
Tel est son sort, sa condition.
Je dois porter la marmite
Dansquel pays ? Je ne sais rien.

Je parcourrai les grandes villes
Je verrai de beaux palais ;
Vêtu, chaussé, sans avoir des milles,
Tout bigarré comme les laquais.
Mais le doux air de la montagne
Me manquera avec la bouillie de maîs.
Si j'ai quelque chagrin, à qui me plaindre,
À qui pauvret ? Je n'en sais rien.

Deux mots pour toi, ma Marguerite,
À toi mon coeur comme je te l'ai juré.
Je vais partir mais j'ai l'espoir
De pouvoir garder l'amitiè.
Je reviendrai comme l'hirondelle,
Garde-moi toujours ton tendre amour
Garde-moi aussi la foi fidèle
Le feras-tu , Je n'en sais rien.

Si je reviens de la campagne,
Si je peux je serai caporal,
J'arriverai à la montagne
Je te donnerai croix et dé en or.
Je te conterai comment de la guerre
Je me suis tiré avec drand honneur.
Mais d'ici là, quelle misère !
En reviendrai-je ? Je n'en sais rien.


F de Laborde, de Bielle
Chanté par le groupe A Hourcade

Doumecq-Orteig MC - Esquerra M - Fourcade A - Hourcade C - Laure L - Peyre-Lavigne AM / Bergès R - Cauhapé B
Hourcade A - Médou R - Ort J - Ort S - Lavigne M - Peyrusqué D - Soubirou P


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