La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



L OU MAÜ D'AMOU

Moussu, gouarit ma malaudie,
Bous qu'êt u tà gran médéci;
Qu’ey lou malandrè tout lou die
E la noueyt nou pouch pas droumi
A nouste qu'em criden
Ou qué s’em arriden
De ço qui caüse ma doulou...
Qu'as maü d’amou ! (bis)

A houleya dehens la prade
You nou trobi mey nay plasé ;
E bèt souben, coum ue maynade,
Qué plouri chens sabé perqué.
Ço qui’m désespère,
Dessus la machère
Que se’m perd tout lou bermillou...
Qu'as mau d’amou (bis)

Bé caü qu'ep hassi counfidence
D’oun pot probiène moun estat
U beryé de ma counéchénce
Deü médich mau qu’ère entecat.
A force deu plagne,
Si l’ou mau se gagne
Qu'aürèy près dab aquet Pastou
Lou maü d’amou. (bis)

Escoute plà moun ourdounence :
Qui hé lou maü, qu'eü deü goâri.
Lou beryé d’oun bien ta souffrence,
Que deu esta toun médéci
Qu'û doux, maridatye
Amasse p'engatye
Nou y'a pas rémédi tà bou
Taü maü d’amou. (bis)

Monsieur, guérissez ma maladie
Vous qui êtes un si grand médecin:
J'ai le mal-être tous les jours,
Et la nuit je ne peux pas dormir.
Chez moi on me gronde,
On se rit
De ce qui cause ma douleur...
Tu as mal d'amour !

A folâtrer dans la prairie,
Je n'y trouve plus aucun plaisir;
Et bien souvent, comme une enfant,
Je pleure sans savoir pourquoi.
Ce qui me désespère,
Sur ma joue,
Je perds le vermillon...
Tu as mal d'amour !

Il faut que je vous fasse une confidence,
D'où peut provenir mon état;
Un berger de ma connaissance
Du même mal est touché.
A force de le plaindre,
Si le mal s'attrape,
J'aurais pris avec ce pasteur
Le mal d'amour !

Écoute bien mon ordonnance :
Qui fait le mal, doit le guérir.
Le berger d'où vient ta souffrance,
Doit être ton médecin.
Qu'un doux mariage
Tous deux vous engage :
Il n'y a pas de meilleur remède
Pour le mal d'amour."