La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



MOUN DIU QUINE SOUFRENCE

Moun diu quine soufrence m' as tu causat
Dab quine endiference m' as tu quitat
Quoan dises que m'aymabes tan tendremen
Labets tu que'm troumpabes cruèlemen
E que' t felicitabes de moun turmen.

Deus qui tan frequentabes nou' n y a nad nou
Qui' t ajen tan amayde coum hasi jou
E per recounechense be' m as trahit
Mes moun mau dab l'absense be s' ey goarit
Jutey d'aquiu et pense ço qui' m an dit.

L' amou lou plus sincère nou' t ey d'arrè
Qu'aymes d'esta lèugere qu' ey toun plase
D'audes s' y soun troumpades chens pensa mau
Que las an cajoulades bet drin coum cau
Après las an dechades Atau, atau.

Mes jou coum t' aymi hère
Bouy t' aberti
Si'n es a tems encouère abise t' y
U moumen de feblesse pot arriba
Nou seras pas mestresse de resista
Ni mey per toun adresse deu repara.

Lèche dounc si' m bos crede aquet garçou
Qui souben te bien bede coum hasi jou
Pren garde a la glissade, lou pas qu'ey dous
Si' t lhebabes troumpade quines doulous
Abise t'y maynade gare lous plous.

Mon Dieu quelle souffrance, tu m'as causé !
Avec quelle indifférence tu m'as quitté
Quand tu disais que tu m'aimais si tendrement,
Alors, tu me trompais cruellement,
Et tu te félicitais de mon tourment !

De ceux qui t'ont fréquentée, il n'en est aucun, non
Qui t'ait autant aimé que je faisais.
Et par reconnaissance, tu m'as trahi !
Mais mon mal avec l'absence s'est guéri
Juge par là et imagine ce qu'on m'a dit.

L'amour le plus sincère n'est rien pour toi.
Tu aimes à être légère, c'est ton plaisir
D'autres s'y sont trompées sans penser à mal
On les a cajolées un peu comme il faut.
Puis on les a laissées là, là.

Mais, comme je t'aime beaucoup,
Je veux t'avertir,
S'il en est encore temps, prends y garde
Un moment de faiblesse peut arriver
Tu ne seras pas maîtresse de refuser
Ni insulte, par ton adresse de le réparer.

Laisse donc, si tu veux me croire, ce garçon,
Qui souvent vient te voir comme je faisais
Prends garde à la glissade, le pas est doux
Si tu te relevais trompée, quelle douleur
Prends-y garde, jeune fille, gare les pleurs !