La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



NOU BOS JAMEY AUDI HOULETTE

Nou bos jamey audi, houlete,
Lou langatge de moun amou ?
L'auté die, dessus l'herbete,
Plà escoutabegnauté pastou.

A la heste de toun bilatge,
Quoan hè semblants dé't escapa,
Jou bi qu'au miey d'u berd bouscatge,
U jouen bergè t'ana trouba.

Quoan mé noumbre quin t'embrassabe,
Quin té sarrabe lous brassous,
Ah ? deu bounur qu'eth poussedabe,
U Rey bé seré estat jalous !

Tantôs rougé, tantôs palllete,
Cent cops tu cambiés de coulou ;
E puch, dé ta douce manete,
Respoussabes l'urous pastou.

Dé graci, nou'm sies cruèle ;
Ayme'm drin, puch qu'as tan d'amou.
Nou'n trouberas nad tan fidèle
Ni qui't coumplasie autan coum jou.

Ne veux-tu jamais entendre, petite folle,
Le langage de mon amour ?
L'autre jour, sur l'herbe,
Tu écoutais bien un autre pasteur.

A la fête de ton village,
Quand tu feignis de t'échapper,
Je vis qu'au milieu d'un vert bocage,
Un jeune berger tu allas trouver.

Quand je me rappelle comme il t'embrassait,
Comme il te serrait les bras,
Ah ! du bonheur qu'il possédait,
Un Roi eut été jaloux !

Tantôt rouge, tantôt pâle,
Cent fois tu changeas de couleur ;
Et puis, de ta douce main,
Tu repoussait l'heureux pasteur.

De grâce, ne me sois pas cruelle ;
Aime-moi un peu, puisque tu as tant d'amour.
Tu n'en trouveras pas d'aussi fidèle,
Ni d'aussi complaisant que moi.