La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



SEN BA LA BÈRE AU BOY

S'en ba la bère au boy
Au boy couelhé lou liri.

Quoan esté au miey deu boy
Lou mau d'enfant l'a prése

Ere en hé u gran crit :
Douce bierje Marie !

Si ey a mouri aci
Soule chens coumpanhie.

Soun galan que l'audeich
Deu betch miey de la bile.

Nou haras bère, nou
Jou au mens qué y sie.

Anats couelhé Mamà,
La boste ou la mie.

La mé aura doulou,
La boste allégrie.

Quoan lou galan torna
Trobe la bère mourte.

Que j'abè trés pastous
Qué y hasen la hosse.

Piquats, piquats pastous !
Het né la loungue et grosse.

Qué bouy ana dehens
Dab la bère de còstes.

E lou beroy maynat
Qué dens soun betch còs porte.

Cessats, cessats, Pastous
Nou sô encoère mourte.

Galan bouli sabé,
Si boste amou ère horte.

Oui da, bère, oui da,
Més horte que la boste.

S'en va la belle au bois
Au bois cueillir le lys.

Quand elle fut au milieu du bois
Le mal d'enfant l'a prise.

Elle poussa un grand cri :
Douce Vierge Marie !

Dois-je mourir ici
Seule sans compagnie.

Son galant l'entend
Du beau milieu de la ville.

Non tu ne le feras pas, belle, non
Moi au moins je serai avec toi.

Allez chercher Maman
La vôtre ou la mienne.

La mienne aura de la douleur
La vôtre de l'allégresse.

Quand le galant revint
Trouva la belle morte.

Il y avait trois bergers
Qui creusaient la fosse.

Piquez, piquez, bergers !
Faites-la longue et grosse.

Je veux y aller dedans
Avec la belle côte à côte.

Et le joli enfant
Que dans son beau corps elle porte.

Arrêtez, arrêtez, bergers
Je ne suis pas encore morte.

Galant je voulais savoir
Si votre amour était fort.

Oui-da, belle, oui-da,
Plus fort que le vôtre.