La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




COSTUMES, CHANTS ET JEUX.



isons quelques mots des costumes, des chants et des jeux de la vallée. Le costume national est d'autant plus pittoresque que la couleur rouge en forme la nuance de prédilection.
     Pour les hommes :
     Berret brun, rouge ou bleu, couvrant une tête aux cheveux courts sur le devant et flottants sur le derrière.
     Veste ronde de couleur rouge écarlate, laissant à découvert sur la poitrine un gilet de molleton blanc à larges revers ; chemise blanche plissée et serrée au col par trois petits boutons rapprochés sur la même ligne, ornée d'une épingle à verroteries pendantes.
     Culotte courte en étoffe brune, ou en velours noir avec poches à revers garnis de galons dorés ; retenue autour des reins par une ceinture rouge à franges flottantes, elle est attachée au-dessous du genou par des jarretières à glands.
     Bas de laine blanche descendant, en forme de guêtres, sur les souliers de cuir, les sandales en fil, ou les sabots à pointe ecourbée.
    Les femmes portent sur la tête un petit capulet de drap rouge, qui encadre leur visage d'une manière très gracieuse.
     Les cheveux pendent en longues tresses sur les épaules :
     Corsage noir ou brun à manches courtes, orné sur le devant de bandes de velours cramoisi.
     Autour du col un fichu aux vives couleurs :
     Deux jupes noires d'étoffes de laine à larges plis serrés, dont la supérieure et la plus courte est décorée d'une bordure bleue.
     Des bas blancs d'une laine fine se collent sur les jambes, s'arrêtent au col de pied, et s'évasent au moyen d'une cannelure à côtes.
     Enfin, comme objet de pur ornement, un tablier blanc serré autour du corps par une ceinture jaune et flottante.

    Leurs chants ont la monotonie et la nonchalance de la musique des anciennes tribus pastorales. Ils ne se distinguent ni par la variété ni par la mélodie.
     Leurs instruments sont du reste aussi primitifs. C'est toujours le tambourin et le flageolet qui figuraient dès 1780 à la tête du régiment des chasseurs cantabres.
     Les Ossalois ont conservé la tradition de certains jeux qui remontent â la plus haute antiquité.

     Les jeunes gens y cherchent le mouvement et la distraction ; Pendant la saison, une commission se forme parmi les étrangers pour organiser et diriger les jeux. Les guides en costume vont, dès la veille, devant les principaux hôtels danser au son du flageolet, offrir des petits bouquets de fleurs, et recueillir l'argent des souscriptions nécessaire aux frais de la fête.
     Au jour fixé, les pasteurs se rendent à Bonnes dans leur costume national.
     On commence d'ordinaire par la course aux chevaux ou aux ânes, simple imitation des grands hippodromes, que vient seul égayer le proverbial entêtement des coursiers à longues oreilles.
     La course aux sacs est plus originale. Les jambes emprisonnées dans un sac soigneusement serré autour du corps, les rivaux placés sur une même ligne partent à un signal donné, et s'avancent à petits sauts vers le but ; le plus grand nombre ne peut l'atteindre, et les maladroits tombent lourdement au bruit des éclats de rire.
     La course au drapeau consiste à escalader à travers champs la montagne Verte, où le plus leste s'empare du drapeau planté sur le sommet. Esterle a fait cette ascension en dix-sept minutes.
     Pour la course aux œufs, on dispose deux rangées d’œufs placés à terre à un mètre de distance l'un de l'autre. Les joueurs sont divisés en deux camps ; tandis que l'un des partis doit aller à Aas et en revenir, l'autre doit ramasser les œufs et les mettre un à un dans un panier placé à une petite distance. La victoire appartient à celui qui a le premier terminé sa tâche.
     Le jeu du baquet offre un coup d’œil plus animé. Un baquet plein d'eau est suspendu à deux poteaux. Au bas se trouve une planche percée d'un petit trou. Les jouteurs se placent dans une petite charrette attelée d'un cheval qui passe au trot entre les poteaux. Ils ont à la main une perche qu'ils doivent, en passant, faire pénétrer dans le trou ; s'ils le manquent, le baquet heurté fortement se renverse sur l'infortuné qui se retire inondé au milieu d'une hilarité générale.
     Pour le jeu du Chevalet, deux branches de bois posées verticalement sur le sol portent horizontalement une poutre polie, retenue à ses deux extrémités par un pivot, pouvant tourner sur elle-même au moindre mouvement. C'est sur le dos de ce cheval perfide que chaque paysan s'avance à l'aide des genoux et des mains, afin de saisir avec sa bouche la petite pièce blanche qui, placée à la tête de la machine, forme le prix du vainqueur.
     Les jeux des bouteilles, de la crème, de la poêle, partent tous du même principe. Pour le dernier, par exemple, il faut toucher avec la langue et, les yeux bandés, sans se barbouiller le visage, la poêle noircie d'avance.
     La course aux cruches a un caractère tout particulier ; ce prix n'est disputé que par des femmes. Elles remplacent le capulet montagnard par un petit coussin sur lequel repose une cruche pleine d'eau ; celle-ci doit rester en équilibre pendant qu'elles se précipitent vers le but.
     Le prix appartient à celle qui arrive la première sans avoir renversé une goutte d'eau ; mais, le plus souvent, plus d'une cruche vient se briser en morceaux, inondant et acteurs et spectateurs.
    Les danses et les libations forment le complément indispensable d'une fête bien organisée.

   Sources

  • Prosper de PIETRA SANTA, Voyage-Topographie-Climatologie, JB.Baillière et fils, Paris 1862



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