La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




GASSION (Jean de)



ASSION (Jean de), issu d'une famille noble et ancienne du Béarn, La maison de Gassion est beaucoup plus ancienne que ne l'ont cru plusieurs des biographes de celui de ses individus qui nous occupe. La Chenaye-Desbois lui consacre un article étendu dans son Dictionnaire de la Noblesse et établit qu'elle a produit en outre du maréchal de France Jean de Gassion, « divers lieutenants-généraux des armées du roi, deux évêques et plusieurs autres officiers de marque, tant dans l'épée que dans la robe. » Le premier de ses membres connus est Arnaud-Guillem de Gassion, « qui rendit hommage le 5 juillet 1385 pour le château de Gassion et la terre de Goës. »
   Jean III de Gassion, frère aîné du maréchal, procureur général, puis président à mortier au Parlement de Navarre, plus tard conseiller d'Etat et intendant de justice dans le Béarn et gouvernement de Navarre, épousa Marie de Beziade, fille de Pierre, seigneur de Munein, et sœur du marquis d'Avaray ; il en eut huit enfants d'ont quatre fils. Trois de ces derniers moururent sans postérité ; l'aîné, Pierre, marquis de Gassion, fut marié en 1670 à Madeleine Colbert du Terron, fille de Charles, marquis de Bourbonne , conseiller d'Etat. De cette union naquirent six enfants, trois fils et trois filles. Un seul des fils, Jean, marquis de Gassion et d'Alluye, comte de Montboyer , baron d'Audaux, lieutenant-général des armées du roi et chevalier des ordres, eut de la postérité. Il laissa de son mariage avec Marie-Jeanne Fleurian, fille de Joseph-Jean Baptiste, seigneur d'Armenonville, garde des sceaux de France, etc.:
   1° Pierre de Gassion, mestre de camp du régiment de cavalerie de Bretagne, mort célibataire en 1741 ;
  3° Jeanne, mariée en 1723 à Aimar-Henri, comte de Peyre, mestro de camp de cavalerie ;
   3° Madeleine- Angélique, mariée en 1732 à Louis-François Damas de Thianges, comte d'Anlezy.
   Parmi ses alliances, la maison de Gassion comptait outre les précédentes celles des maisons de Ste-Coulomme, Méritein, Camou, d'Esclaux-Mesplés, Belzunce, Espalungue, Montesquiou - d'Artagnan, Montlezun, Poudenx, Monneins de Tréville, Baylens, etc.
fils de Jacques I de Gassion, maître des requêtes du roi de Navarre, puis président à-mortier au conseil souverain de Béarn et conseiller d'État, et de Marie d'Esclaux, naquit à Pau en 1609. II suivit d'abord le duc de Rohan en Piémont et dans la Valteline, fut ensuite offrir ses services à Gustave-Adolphe, dont les exploits glorieux captivaient son jeune enthousiasme, et, accueilli avec distinction par le monarque suédois, ne tarda pas à se rendre digne de sa faveur. La bataille de Leipzick et le passage du Lech devinrent, à peu d'intervalles, les théâtres de sa valeur militaire ; au siège d'Ingolstadt, le roi ayant eu un cheval tué sous lui par un boulet, Gassion s'élança du sien pour le relever, empressement qui fut récompensé par le don d'un régiment, accompagné de ces quelques paroles flatteuses de Gustave-Adolphe ; « le régiment que je vous donne sera un régiment de chevet, car on pourra dormir auprès en toute sécurité. » Le nouveau colonel se fit remarquer par diverses actions d'éclat aux sièges de Biberach, de Bonawert et d'Ausbourg ; il rendit à Nuremberg un service si important à l'armée suédoise, en la sauvant d'un désastre inévitable, que son chef le contraignit à éprouver son désir de l'obliger. Il sollicita pour grâce unique la faveur de marcher au devant d'un corps de troupes attendu, et le prince, transporté par l'excès de cette abnégation, lui répondit en le serrant sur son cœur : « marche, je réponds de tout ce que tu laisses ici ; je garderai tes prisonniers et t'en rendrai bon compte. » Créé commandant de la garde royale, Gassion n'avait plus qu'un pas à faire pour atteindre au comble des hommes, lorsque Gustave-Adolphe perdit la vie dans les plaines de Lutzen. Dégagé par cette circonstance douloureuse de tous liens avec l'étranger, il rentra dans sa patrie, précédé d'une réputation qui rendait les généraux d'armée jaloux de le posséder.
     De retour en France, Gassion alla rejoindre en Lorraine l'armée du maréchal de la Force. Pour ses débuts, il s'empara de plusieurs places importantes, fit presqu'aussitôt , avec 500 chevaux, 1,500 prisonniers à un corps de 6,000 hommes commandé par Jean de Vert, et mit le reste en déroute. Après s'être couvert de gloire aux combats de Ravin, de Saint-Nicolas, aux sièges de Dôle, de Turin, d'Hesdin et d'Aire, il fut chargé de réprimer, en 1639, une insurrection dans la ville de Rouen, s'acquitta de cette mission avec bonheur, reçut le grade de maréchal-de-camp comme témoignage de la satisfaction de S. M. , et prit ensuite une glorieuse part à la bataille de Rocroi ; à l'issue de cette célèbre journée, le duc d'Enghien, généralissime des troupes françaises, descendit de cheval pour embrasser Gassion, déclarant devant son état-major « qu'il lui était redevable de la victoire. »
     Blessé au siège de Thionville, le soldat Béarnais fut fait maréchal de France à la fin de la campagne, se distingua au siège de Gravelines, força à la reddition les villes de Béthune, Armentières, Courtray, Furnes, Dunkerque, enleva dans une rencontre 7 drapeaux, 1,200 chevaux et 500 cavaliers à l'ennemi, et termina au siège de Lens sa brillante carrière. S'étant imprudemment avancé sous le feu d'une palissade pour donner à ses troupes l'exemple de l'attaque, il reçut à la tête un coup de mousquet dont les suites l'enlevèrent cinq jours plus tard à la vie, le 2 octobre 1647.
     « La France, selon l'expression d'un historien, en gagnant une bicoque, perdit un grand capitaine. »
    Gassion mourut célibataire ; il refusa plusieurs fois des alliances qui lui furent proposées, alléguant « qu'il ne faisait pas assez cas de la vie pour en faire part à quelqu'un et qu'il était dans ses destinées de mourir soldat et garçon. »

   Sources

  • CH.DE PICAMILH, Statistiques générale des Basses-Pyrénées , Imprimerie E. Vignancour, Pau, 1858.


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