La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




DE LABORDE



aborde (de), branche de la maison Dort, vieille famille de la vallée d'Ossau, qui s'est divisée elle-même en deux branches dans la première moitié du XVIIIe siècle.

BRANCHE AINÉE.

    Jean-Joseph de Laborde, né à Bielle en 1724, quitta ses foyers à l'âge de 15 ans pour aller embrasser à Bayonne la carrière commerciale. Le génie de cet art et une infatigable activité le conduisirent en peu d'années à une brillante position financière. Il noua avec les entrepôts du commerce Espagnol des relations très étendues, s'honora par une irréprochable probité et acquit à un tel point la considération publique, qu'en 1758 le gouvernement Espagnol, sollicité par le gouvernement Français d'un emprunt de 50 millions, ne voulut consentir à l'opérer que sous la garantie personnelle du négociant de Bayonne.
    La cour de France comprit à cette preuve d'estime combien il lui importait de s'attacher M. de Laborde. Elle le nomma son banquier et le chargea d'importantes missions dans les services de la guerre et de la marine. Environné d'une sympathie méritée et comblé d'honneurs qu'il n'avait pas recherchés, Jean-Joseph de Laborde fit servir son immense fortune au soulagement des classes nécessiteuses, occupa des milliers d'ouvriers à la construction de magnifiques hôtels dans divers quartiers de Paris et à celles des châteaux de St-Ouen, de St-Leu, de la Ferté-Vidame et de Méreville. C'est dans ce dernier qu'il fixa sa résidence après sa retraite des affaires, répandant l'aisance et le bonheur autour de sa demeure et envoyant chaque année aux paroisses de la capitale une somme de 24,000 livres destinée à des aumônes. Lorsqu'en 1788 la ville de Paris conçut le projet de l'édification de quatre hôpitaux, de Laborde souscrivit pour 400,000 livres à son exécution. A des vues d'une philanthropie non moins éclairée que généreuse, il joignait une telle modestie qu'il ne porta jamais le titre de marquis auquel lui donnait droit l'érection en marquisat de la terre de son nom, érection par laquelle le roi voulut récompenser ses bons offices.
    L'inquisition révolutionnaire vint l'arracher en 1794 au village de Méreville dont il était l'idole. Les habitants de cette commune, armés de fourches et de vieux mousquets, se transportèrent au nombre d'environ 1,200 devant le tribunal du district pour obtenir qu'il leur fut rendu. Ils ne se retirèrent qu'à sa prière et sur cet espoir, fondé sur de stériles promesses, car le 18 avril la tête du célèbre banquier roulait sur l'échafaud.
     Jean-Joseph de Laborde laissa quatre fils et deux filles. Deux des premiers embrassèrent la carrière de la marine ; ils périrent, victimes de leur dévouement, dans le voyage de La Peyrouse, et une colonne funéraire fut élevée à leurs mânes sur les côtes de la Californie par leurs compagnons d'infortune. La biographie des deux autres va suivre. Des deux filles, l'une fut mariée à M. le duc d'Escars, et l'autre à M. le duc de Noailles.
     Léon-Joseph, marquis de Laborde-Méreville, fils aîné du marquis Jean-Joseph de Laborde, embrassa la carrière militaire, qu'il quitta après avoir fait avec distinction la guerre d'Amérique, pour occuper l'emploi de garde du trésor royal. Député aux Etats généraux par le Tiers-État du baillage d’Étampes, il prit place dans le côté modéré de cette assemblée, fit partie de la commission instituée pour recueillir les dons patriotiques du clergé français, émigra en Angleterre en 1791, et mourut à Londres dans le courant de la même année.

     Alexandre-Louis-Joseph, comte de Laborde, frère cadet du précédent, né à Paris, le 15 septembre 1774, entra au service de l'Autriche sous le règne de l'Empereur Joseph qui, pendant un séjour antérieur en France, avait trouvé à la Ferté-Vidame, propriété du banquier de la cour, une magnifique hospitalité. Attaché d'abord en qualité d'aide de camp à la personne du général Wenceslas Colloredo, il quitta bientôt ce poste pour passer avec le grade de capitaine dans les chevaux-légers de Kinsky, gagna le titre de chef d'escadron par sa brillante conduite dans cinq campagnes successives où il reçut deux blessures et fut porté à l'ordre du jour dans les annales de l'armée Autrichienne. Après la conclusion du traité de Campos-Formio, le comte de Laborde rentra dans sa patrie à laquelle il n'avait jamais cessé de conserver un vif attachement. Il se livra pendant plusieurs années à de profondes études scientifiques et littéraires, parcourut une partie de l'Europe, et publia divers ouvrages estimés qui lui ouvrirent les portes de l'Institut. L’Empire le créa successivement maître des requêtes au Conseil d’État, président de la commission de liquidation des comptes de la grande armée et directeur des travaux publics de la ville de Paris.
     Il se distingua dans ces dernières fonctions par l'embellissement de divers quartiers de la capitale, et par la publication d'un recueil de projets de travaux d'utilité publique à exécuter dans Paris, qui a, pendant bien des années, servi de guide à l'administration. En 1814, le comte de Laborde, chef de bataillon dans la garde nationale de la Seine, fut député par le maréchal Moncey pour aller arrêter avec les chefs de l'armée d'invasion les bases d'une capitulation honorable pour son corps. La fermeté de caractère dont il donna des preuves dans cette occasion lui mérita le grade de colonel d'état-major. Après les Cent Jours, il fit un second voyage en Angleterre et livra à l'impression plusieurs traités d'administration et d'économie politique. Rappelé pour un instant au Conseil d’État en 1818, et porté en 1822 à la Chambre des Députés par le suffrage du grand collège électoral du département de la Seine, il se distingua comme orateur dans cette assemblée pendant les années suivantes.
    Les plus importants de ses nombreux écrits sont, outre le recueil dont nous avons déjà parlé, un Voyage pittoresque et historique en Espagne ; un voyage pittoresque en Autriche, et divers travaux sur les monuments de la France, classés chronologiquement, sur les prisons de Paris, etc. Le comte Alexandre de Laborde avait épousé Mlle de Labre, fille d'un ancien ministre de France en Russie et nièce du fameux conseiller au Parlement Sabatier de Labre.
    Cette branche de la famille de Laborde est aujourd'hui représentée par M. le comte Léon de Laborde, fils du précédent, membre de l'institut et directeur-général des archives de France, marié à Mlle Cousin.

BRANCHE CADETTE.

     Joseph de Laborde, neveu du marquis Jean-Joseph de Laborde, occupa les fonctions de fermier général sous le règne de Louis XVI. Créé baron en récompense de services rendus à l’État, il vint achever ses jours dans la commune de Bielle, berceau de sa famille, dont son oncle lui transmit la seigneurie qu'il tenait directement du roi.
     Joseph- Alexandre de Laborde, fils du précédent, embrassa la carrière militaire comme son homonyme de la branche aînée. Il se distingua dans les campagnes d'Italie et occupait à 25 ans le grade de capitaine d'artillerie, lorsqu'une blessure grave le contraignit à renoncer au service.
     Son fils, Fabien de Laborde, se consacra à l'administration de ses vastes propriétés de la vallée d'Ossau, donnant, par son séjour au milieu des populations rurales, guidées par lui dans le progrès agricole, un exemple trop rarement imité de nos jours. Prodigue de ses conseils et de sa fortune, il fut le bienfaiteur de la vallée, qu'il représenta long-temps en qualité de syndic et qui l'envoya siéger, en son nom, au Conseil général du département.

     Il mourut en 1854, membre de ce corps et de la Légion d'Honneur, laissant une fille unique, mariée à M. Joseph Cogombles, descendant d'une ancienne famille qui possédait droit d'entrée aux Etats de la province.

   Sources

  • CH.DE PICAMILH, Statistiques générale des Basses-Pyrénées , Imprimerie E. Vignancour, Pau, 1858.



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