La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




LESCUN (Pierre de),



escun (Pierre de), célèbre calviniste issu d'une famille noble du Béarn et descendant selon quelques chroniqueurs de FORTUNER, baron de Lescun. Membre du conseil supérieur de la vicomté, il s'était déjà fait remarquer dans ce corps par l'activité de son esprit et la vivacité de ses passions lorsque l'avènement d'Henri de Bourbon au trône de France souleva la question d'incorporation du Béarn à ce royaume.

    Lescun défendit énergiquement la nationalité de son pays. Il se distingua de nouveau quelques années plus tard par l'excès de son zèle pour le calvinisme, lors de l'édiction du décret qui rétablissait la religion catholique dans la province et prescrivait la main levée des biens ecclésiastiques. L'esprit public, animé par le fougueux conseiller, obtint quelques concessions, mais la révocation de l'édit de Nantes et des difficultés survenues dans l'exécution des promesses du pouvoir servirent de prétexte à Lescun pour fomenter de nouveaux troubles.

    Il provoqua dans diverses réunions des calvinistes le serment d'une résistance opiniâtre, fut député par l'assemblée d'Orthez auprès de Louis XIII pour lui exposer les vœux du parti, ne réussit pas à obtenir les satisfactions désirées et vit l'accomplissement de sa mission suivi d'un édit de confirmation des actes antérieurs, édit que les Etats se refusèrent à enregistrer.
     A son retour, Lescun fut délégué par les protestants du Béarn à l'assemblée de Loudun ; il la séduisit par son éloquence et parvint à l'entraîner dans une voie d'opposition qui provoqua sa dissolution. L'agitation de la contrée et la résistance des Etats à ses volontés motivaient en même temps l'arrivée du roi Louis XIII dans la vicomte. Un des premiers actes de S. M. fut la révocation du conseiller qui, contraint un instant à l'inaction par la présence du monarque, reprit, dès le départ de celui-ci, son rôle d'agitateur. Il parcourut le Languedoc et la Guyenne, souleva les réformés de Montauban et de La Rochelle et leur assura le concours du marquis de La Force.

    Pris les armes à la main quelques jours plus tard au combat de St- Vivien, cet ardent prosélyte du calvinisme fut conduit à Bordeaux et traduit devant le Parlement dont il refusa de reconnaître la juridiction, alléguant qu'il devait être traité comme prisonnier de guerre et non comme un criminel ordinaire. Déclaré coupable de lèse Majesté, il fut condamné à subir la question, à avoir la tête tranchée et les quatre membres séparés du tronc.

     L'arrêt prononçait en outre la confiscation de ses biens et sa déchéance de la noblesse que ses descendants ne pourraient jamais acquérir. Durant le cours de son procès comme dans son supplice, Lescun déploya une inébranlable fermeté, et les tourments les plus cruels ne purent arracher une plainte à ses lèvres.
    L'arrêt de sa condamnation reçut son exécution sur la grande place de Royan.

   Sources

  • CH.DE PICAMILH, Statistiques générale des Basses-Pyrénées , Imprimerie E. Vignancour, Pau, 1858.



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