La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




LE CHEMIN DE LA MATURE



e Chemin de la Mâture situé dans la vallée d’Aspe sur la route du Col du Somport, fut taillé dans la roche et exécuté en trois ans (1771-1773), sous la direction de Paul Marie Leroy ingénieur des ports et arsenaux de la marine pour une exploitation de la forêt de sapins du Pacq, par des forças au milieu du XVIIIe siècle.
     Les grands sapins servaient de mâts pour les voiliers, les hêtres servaient à confectionner les avirons et des poutres et les buis étaient transformés en essieux et poulies.

    En 1660, Louis XIV et son ministre Colbert décidèrent de doter la France d'une grande marine de guerre afin de contrer la puissance maritime anglaise. Les guerres, nombreuses, avec la Hollande et l'Angleterre rendirent l'approvisionnement en bois des arsenaux de la marine en provenance des forêts du nord de la France difficile.
    En 1670, Colbert se tourna vers les forêts des Pyrénées. Le port de Bayonne et le transport par voie fluviale privilégièrent les forêts de la vallée d'Aspe. En 1677 débuta l'exploitation de la forêt de Lhers qui dura jusqu'en 1720. En 1761, Choiseul, ministre de Louis XV, confia à l'ingénieur Gleizes l'exploitation de la forêt d'Issaux (exploitée de 1761 à 1780) à l'ouest d'Athas afin de fournir des sapins de plus de 30 m de longueur.
     L'ingénieur Paul Marie Leroy reprit l'exploitation dans les forêts d'Issaux et du Benou. Il se tourna ensuite vers la forêt du Pacq entre Etsaut et Urdos.

     C'est ainsi qu'en 1669, il créa le titre de secrétaire d’État à la Marine et nomma officiellement Jean-Baptiste Colbert à ce poste. Dès lors, ce dernier accompagné de son fils mobilisèrent des ressources humaines, matérielles et logistiques sans précédent qu'ils allaient bien souvent chercher à l'étranger. Mais, la guerre de Hollande se déclencha (1672) et entraîna des difficultés à s'approvisionner en bois du Nord, ils décidèrent de se tourner vers les réserves pyrénéennes, endroit doté d'innombrables forêts.

    La partie la plus remarquable du chemin de la mâture emprunte la falaise de 400 m de hauteur qui surplombe le ruisseau de la Secoué à sa confluence avec le Gave d'Aspe. La construction du chemin débuta en 1771 et dura jusqu'en 1773.
     La traversée de la falaise se fit à mi-hauteur (200 m au-dessus du ruisseau) par le creusement d'une tranchée large de 4 m et haute de 4 m. La tranchée fait 900 m de longueur et présente une pente de 11%. Elle fut creusée par les deux extrémités par des hommes accrochés par des cordes à la falaise.

    À l'aide de barres à mines et de fleurets (longue mèche métallique), ils foraient des trous qu'ils remplissaient ensuite avec de la poudre noire. Ces hommes étaient guidés par des ingénieurs qui se trouvaient sur le versant opposé des Gorges d'enfer. Le long du chemin, des murs en pierre sèche et des troncs boulonnés à la paroi rocheuse assuraient une largeur constante.

     L'exploitation de la forêt du Pacq débuta en 1774 et dura jusqu'en 1780. Plus de 3000 ouvriers y ont travaillé. C'étaient des gens du pays et des Basques qui vivaient sur place dans des cabanes. Ils se nourrissaient principalement de galettes cuites sur place à partir du ravitaillement hebdomadaire. Ils étaient répartis en équipe de 25 bûcherons commandés par un officier de marine.

    Une fois abattu, le tronc de 30 m de long était chargé sur un chariot nommé trinqueballe. Celui-ci était tiré par une paire de bœufs et freiné, à l'arrière, par sept ou huit paires de bœufs.

    Une fois atteint le Gave d'Aspe, qui avait été rendu navigable dans un cours de vingt-quatre lieues, nécessaire pour le transport ; le premier convoi de mâtures arriva à Bayonne par cette voie, conduit par M . d’Étigny, intendant de la province, sous la direction duquel tous les obstacles que l'on avait cru jusque-là invincibles, avaient été surmontés. Ce convoi fut reçu dans la ville au bruit du canon et aux acclamations de tous les habitants.

    Il permettait d'acheminer les mâts qui étaient ensuite assemblés en radeaux de 8 troncs (30 sur 4 m) au port d'Athas par une équipe de 10 à 12 radeleurs. Ils descendaient les gaves, puis l'Adour, sous la conduite de radeleurs expérimentés du Comminges. Trois équipes se relayaient pour convoyer le radeau jusqu'à Bayonne. La première faisait le trajet d'Athas à Navarreux, la deuxième le trajet de Navarreux à Peyrehorade et la troisième la "fosse aux mâts" de Bayonne, d'où ils étaient enfin redistribués dans les ports de Brest, Rochefort et Toulon.

    Durant les années fastes jusqu'à 300 radeaux étaient convoyé sur le Gave d'Aspe à une vitesse de 9 à 17 km/h.

   Sources

  • Office tourisme 64 / lieuxinsolitesenfrance / Wikipédia
  • Photos



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