La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




LES MOULINS A EAU



e moulin à eau, attesté en Europe depuis l'antiquité, est plus ancien que le moulin à vent.
     Un moulin à eau, ou moulin hydraulique, est une installation destinée à utiliser l'énergie mécanique produite par le courant d'un cours d'eau qui est amenée au moulin par un bief. Bief :
    section de canal ou de cours d'eau comprise entre deux écluses, deux chutes ou deux séries de rapides ; c'est aussi le canal de dérivation conduisant l'eau sur une roue hydraulique.


Nos lointains ancêtres utilisaient deux pierres pour écraser le blé en les cognant.
     2000 ans avant J.C. , on parlait de 2 meules tournant l’une sur l’autre actionnées par les bras de l’homme. Puis, on utilisa l’animal, les esclaves pour faire tourner les moulins collectifs jusqu’à l’invention de la roue horizontale mue par la force de l’eau et décrite par un architecte nommée Vitruve un siécle avant J.C

    La configuration des rivières très différente selon les régions ( quantité, vitesse et régularité des cours d’eau ) a nécessité des aménagements spécifiques à chaque lieu d’où une richesse et une diversité qui donne à chaque moulin son caractère unique. Un principe reste commun à tous y compris pour les moulins à roue verticale : le moulin est construit à proximité de la rivière et l’eau est amenéé sur la roue par un canal sorte de déviation de la rivière (le bief).

     Les moulins éléments insispensables à la vie des habitants des villages ont assuré pendant longtemps la nourriture et le dévéloppement économique de toutes les plaines et vallées.

    Les moulins constituent, après les églises et les châteaux, le troisième élément patrimonial des villages.

    Le territoire de Laruns est traversé par le gave d’Ossau dans le sens Sud / Nord et de l'Arriusé dans le sens Ouest / Est.
    Il n’y a pas de moulin banal Banalité (droit seigneurial)
    Les banalités sont, dans le système féodal français, des installations techniques que le seigneur est dans l'obligation d'entretenir et de mettre à disposition de tout habitant de la seigneurie.
     En contrepartie, les habitants de cette seigneurie ne peuvent utiliser que ces installations seigneuriales, payantes. Ce sont donc des monopoles technologiques.
     Les principales banalités sont :
    le four banal (taxé par le fournage) ;
    le moulin banal ;
    le pressoir banal ;
    le marché aux vins.
    Les installations banales (fours à pain, moulins, pressoirs) ne doivent pas être confondues avec des installations communautaires, qui étaient beaucoup plus courantes et dont la gestion revenait à la collectivité.
    Un autre droit seigneurial était la banalité de tor et ver, qui donnait au seigneur seul le droit de posséder un taureau ou un verrat, dont les saillies étaient sujettes à redevance.
    Ces privilèges, abolis et déclarés rachetables dans la nuit du 4 août 1789, sont abolis définitivement sans rachat en 1793.
donc le droit de mouture est libre.
    
      Dans le terrier de 1681 Comme aussi s’est présenté Bertrand de CAUHAPER, lequel après serment comme les précédents a déclaré qu’il tient et possède une maison, moulin, grange et jardin le tout en un tenant, appelée CAUHAPER confrontant d’orient avec maison et jardin de NABEIRA, d’occident avec terre et jardin de TAMBOURRER, de midi avec la terre de HERRE et de septentrion avec la voie publique. Contient vingt sept escats. plus d’une quinzaine de moulins sont dénombrés dans le bourg et les hameaux.

     Le bourg de Laruns dénombrait 15 moulins à eau à roue horizontale.

    Ils étaient tous construits sur le même canal appelé « canal des moulins (lous moulis)».

    Parmi tous ces moulins, le moulin à farine dit «de Cauhapé», dépendant de la maison Cauhapé, est l'un des seuls moulins a avoir survécu aux différents aménagements urbains de Laruns.

    Il a traversé les siècles pour nous raconter son histoire et témoigner de l'ingéniosité des paysans ossalois qui ont su tirer, pour mouvoir les lourdes meules, de la seule énergie abondante et gratuite sur son territoire :
    Le Moulin Cauhapé est un moulin à farine à roues motrices horizontales.
    Son statut est prive.
    Il est construit sur un canal dit « canal des moulins » de dérivation, créé artificiellement . Il traverse le village pour des usages divers. Un captage en amont du bourg, emprunte l'eau sur l'Arriussé venant de la vallée de l'Arriutort. De cette prise d'eau avec le bassin de Séris, le ruisseau (couvert en 1963) alimentait du haut vers le bas 15 moulins, et, des lavoirs et abreuvoirs.
    Ce ruisseau des moulins servait aussi de tout à l'égout.

     LARUNS ET SES MOULINS

     Les cartes et plans anciens attestent du nombre important de moulins à eau dans le bourg de Laruns et de l'ancienneté de ces ouvrages.

    Dès le début du Moyen-âge, les 3 vallées béarnaises (Ossau-Aspe-Barétous) se distinguent des villages de plaine, grâce à l'octroi de certains privilèges (ronde vallées ou chartes de coutumes), par le seigneur local.
    En échange de ces privilèges, les habitants des vallées devaient défendre le seigneur local en cas de guerre.
     Parmi ces privilèges, les habitants avaient le droit de bâtir leur propre moulin sur le cours d'eau de leur choix.
     Ils se chargeaient de l'entretenir et de le faire tourner (pas de meunier).

    Les villages de montagne ne possédaient pas de moulin banal ni four banal. Banal est une lointaine référence au droit du moyen âge.
     ''Ban'' signifie ''astreinte''.
     Le four banal était celui que le seigneur avait fait construire et qui était obligatoire. On ne pouvait cuire son pain ailleurs.
  La raison principale en était la sécurité contre le feu, ce grand ennemi des temps passés, terrible à des hameaux construits en bois et n'ayant pour l'éteindre que les seaux d'eau apportés de la fontaine. Souvent ceux qui cuisaient le pain à domicile y firent un feu qui détruisit le village. Une fois à deux fois semaine (suivant le nombre d'habitants dans le hameau) le four était allumé 24 h sur 24 h et les familles utilisaient ''le temps de four'' qui leur était attribué afin de cuire leur pain.

     Ils étaient libres et exemptés de la tutelle seigneuriale. Ils se payaient en nature en prélevant la pugnère (poignée) dans chacun des sacs de mouture (farine).

    En plaine le seigneur est seul propriétaire du moulin. Il obligeait les habitants à venir moudre leurs grains chez lui et exigeait une taxe le droit de mouture. Il affermait son ou ses moulins à un meunier.

    Chaque propriétaire de moulin possède un droit d'eau et est chargé de l'entretien du canal.

   Sources



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