La vallée d'Ossau :              
                    Culture, et Mémoire.




LES RUINES DE
SAINTE CHRISTINE



ar delà le Somport se trouvent les ruines de Sainte-Christine. Bien qu'aujourd'hui ces restes se trouvent en dehors de la vallée d'Aspe et de la France la fondation, ou, du moins, la restauration en appartient à notre histoire qui l'attribue à Gaston IV, vicomte-de Béarn, parce que sans doute, il l'avait rétabli et augmenté, ou qu'il y avait changé l'ordre ancien de Saint-Benoit en celui des chanoines réguliers de Saint-Augustin, Marca auquel nous venons d'emprunter ces quelques lignes, faisant observer, du reste, que l'existence antérieure de Sainte-Christine se trouve bien et duement constatée.
    Sainte-Christine occupait le point le plus élevé du port, et l'on dit que les ouvriers, qui bâtirent ce monastère, furent détournés de l'emplacement choisi d'abord pour cette construction, par un ramier portant une croix dans son bec et qui, volant d'un buisson à l'autre, les attira jusqu'au lieu où il laissa tomber sa croix. C'est en cet endroit qu'ils bâtirent l'église qui prit pour ses armoiries un ramier blanc ayant une croix à son bec.
    Le pape Innocent III dans une bulle de l'an 1216, qualifie Sainte-Christine de l'un des trois principaux hospices du monde, tant les princes de tous les pays s'étaient fait un devoir de l'enrichir de leurs dons à cause des services que ce monastère rendait à la chrétienté. L'on y recevait en effet indistinctement les chevaliers, les marchands, les pèlerins, tous ceux, en un mot, pauvres mendiants ou puissants de la terre, qui y cherchaient un refuge contre les orages ou les neiges.
     Mais lors de la campagne du comte de Montgommery, dans le Béarn, telle fut la terreur qu'il répandit dans les Pyrénées, que D. Jean de Guerra, gouverueur de l'Aragon, vint se poster avec un corps de troupes à Sainte-Christine, d'où il ramena, quelque temps après, le prieur et les chanoines, à Jaca. En 1593, l'église et la maison que ces religieux occupaient à Jaca gênant la construction d'un fort bâti par Alonso de Sergas, lieutenant-général d'Aragon, la destruction en fut ordonnée, ce qui occasionna des désordres assez grands pour décider un délégué du pape, en 1597, à faire jeter en prison le plus ancien de ces chanoines et à transférer les autres au monastère de Montaragon.
     En 1607, le pape Paul V supprima le prieuré régulier de Ste-Christine, et l'érigea en dignité séculière incorporée au chapitre de l'église archiépiscopale de Saragosse. Enfin, un nonce du pape, par sentence du 1er aoât 1613, supprima, de son côté, le couvent de Ste-Christine et unit ses rentes à l'ordre des Frères prédicateurs, pour l'entretien de douze religieux, dans la ville de Jaca. Quant aux rentes que ce monastère possédait en deçà des monts, elles furent attribuées à l'ordre des clercs réguliers de Saint-Augustin.
    De Sainte-Christine, on peut, au lieu de rentrer dans la vallée d'Aspe et de revenir ainsi sur ses pas, visiter les bains espagnols de Penticosa, et parvenir aux Eaux-Chaudes par la Case de Broussette et Gabas.
     A l'égard des autres communications entre la vallée d'Aspe et la vallée d'Ossau, la plus facile s'opère au moyen d'un chemin partant du hameau d'Escot, gravissant la montagne du Benou et descendant de ces hauteurs aux villages de Bilhères et de Bielle. Du village de Bedous, un autre chemin s'élève jusqu'au village d'Aydius, d'où, réduit aux proportions d'un sentier, il mène soit directement à Laruns, soit par le col des Mordas, au fond de la gorge des Eaux-Chaudes, en amont du Pont d'Enfer. On peut aussi, au départ d'Accous et en passant le col de Gée, parvenir au même point de la gorge des Eaux-Chaudes.

   Sources

  • J.-F. SAMAZEUILH, Voyage de Bayonne aux E-Bonnes et E-Chaudes, Imprimerie,de V.Lamaignère, Bayonne, 1858


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