La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire


Les crues de l'Arriusec en Novembre
1928

    Texte : André Frotté

Centrale du Hourat

   Nous nous contenterons de rapporter ici le témoignage de Monsieur Roger Lacrouts fils d'Eugène Lacrouts ingénieur des Travaux Public de l'État en charge de la subdivision de Laruns au moments des faits, en novembre 1928. Monsieur Eugène Lacrouts a laissé de l'événement un compte rendu très précis, étayé par des photos dues au talent de Monsieur Dufau photographe aux Eaux-Bonnes et Laruns.

   Laissons parler Mr Roger Lacrouts.

« A la suite de neiges précoces jusqu'en basse altitude, suivies d'un redoux et de fortes pluies, les cours d'eau ont monté brutalement dès le 25 novembre et la nuit du 25 au 26.
    Les inondations ont duré tout le 26 et la nuit du 26 au 27.
A ce qui s'était dit alors, le boulanger, Monsieur Sanchette situé rive droite de l'Arriusec n'avait rien soupçonné jusqu'à la brusque irruption de l'eau dans son fournil, tant la crue était soudaine.
J'avais tout juste cinq ans à l'époque , mais je garde le souvenir du grondement des eaux déchaînées et d'un halo de lumière diffuse visible de notre maison en direction de la centrale électrique : les réverbères et projecteurs de l'usine allumés pour éclairer les équipes de secours au travail sur les rives et le pont de l'arriusec et aussi le souvenir de ma mère faisant des expéditions vers le chantier avec des thermos de café.

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   L'action dévastatrice de l'arriusec a duré du 25 au 27 novembre. Sur la rive gauche en amont du pont, il n'y a plus que les restes de la promenade et les vestiges du mur de protection lesquels ont été emportés par le courant vers 22 heures.
   Sur la rive droite en amont du pont, le 26 vers 23 heures 30, les eaux ont fait irruption dans la centrale électrique.
   Le 27 vers 1 heure du matin, le mur a cédé plus bas et un nouveau bras du torrent ainsi formé a emporté une partie de la route nationale derrière la culée rive gauche du pont.
   Une équipe occupée à réparer un gabion n'a eu que le temps de se retirer en catastrophe.





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    A l'époque, la centrale du Hourat alimentait le chemin de fer en électricité. Après l'irruption de l'eau dans l'usine, mon père avait fait couper le courant électrique pour des raisons de sécurité.
   La stabilité des pylônes de départ risquait d'être menacée. l'enquête diligentée à la suite de cette interruption avait justifié sa décision.»

  • En amont du pont de Barthèque au niveau du bassin de Séris, l'amorce du canal des moulins et de la prise d'eau de l'usine communale de Barthèque et du service d'incendie ont été emportées par la crue.
  • En amont de Laruns sur le gave d'Ossau au dessus de la cascade de Gerp un affaissement de la route.
  • En aval de Laruns, la route rive droite reliant Laruns à Aste a été emporté au lieu dit Isale sur plusieurs mètres.
  • Le pont de Béon a vu une de ses piles emportée.
  • A Bielle l'Arriumage a changé de lit entre les deux ponts limitant la place publique.

  •    Les journaux de l'époque relatent les dégâts, signalant qu'un détachement du 18eme a été envoyé en renfort pour prêter main forte aux sauveteurs et aux cantonniers
        Au niveau d'Arudy, le gave est sorti de son lit rendant impraticable la route du pont de Doussine, les eaux charrient des arbres, des meubles, des animaux. Au nivaux des gorges du Caü, l'eau atteint la partie supérieure du barrage menaçant les usines des frères Laprade.
       Les gens du pays disent que depuis 1875, le gave n'avait jamais charrié autant d'eau ni occasionné autant de dégâts.


               Galerie photos


    puce    Sources
    • Photos, Collections particulières A Casadebaig, A Fontorbe.


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