La vallée d'Ossau :              
                 Culture et Mémoire



GUINDEY LE HUSSARD
1785 - 1813



La maison GUINDEY (ou Guindet) a vu naître, Jean-Baptiste Guindey, qui tua d'un coup de sabre le prince Louis de Bavière, héritier du trône et neveu du grand Frédéric, lors de la bataille de Saafeld.

Fils de Pierre Guindey, commis de la marine, et de Jeanne Boutigue, Jean-Baptiste Guindey est né le 12 avril 1785 dans la maison familiale qui s'appelait alors le château de la Mâture et y passe son enfance.
Le jeune Ossalois apprend à lire et à écrire à l'école de Laruns, puis à l'âge de 15 ans, ses parents l'envoient à Toulouse où il fera trois ans d'études.
A 18 ans, le 11 prairial de l'an XI (le 31 mai 1803), Jean-Baptiste s'engage au 10erégiment de Hussards, en garnison à Cahors. Très vite, Guindey se révèle un brillant élément et il est promu brigadier le 11 novembre 1803, puis maréchal des logis en juin 1805. Sabreur hors pair, il se distingue dans de nombreux combats, en particulier quand il se trouve face au prince Louis de Bavière qu'il avait pris pour un général : "Rendez-vous Général", intime Guindey, "jamais", réplique le prince.

    Un fait d'armes.

    Le 10 octobre 1806 ce fut un combat sans merci, Guindey reçut deux coups de sabre au visage mais parvint à porter un coup décisif à la base du crâne de son adversaire et à transpercer sa poitrine. Le prince mortellement blessé s'écroula sur le sol. Le valeureux Guindey récupéra les armes et les décorations du prince qu'il remit au maréchal Lannes qui, à son tour, les fit parvenir à l'empereur Napoléon. Par ce fait d'armes exceptionnel l'Ossalois entra dans l'histoire.
Le 14 avril 1807, à 22 ans à peine, Guindey est nommé chevalier de la Légion d'honneur et est décoré par l'empereur. A l'occasion d'autres combats, il subit d'autres blessures (à Saragosse et à Wagram).
Le 14 septembre 1813 il est nommé officier de la Légion d'honneur et le 29 octobre de cette même année, il est mortellement frappé à Hanau, lors de la retraite de la grande Armée. Il avait 28 ans.


    Inauguration du monument de Guindey en septembre 1903.

    L'ode au héros écrite par Paul Arosa (le patriote 1903)

« Préférant le clairon au gaboulet du pâtre
Confiant en son astre, il quitta
Sans larmes ni regrets la tiédeur de l'âtre
Et, coeur battant, se fit soldat.

Pendant près de dix ans, le drapeau tricolore
Le vit toujours au premier rang
Parcelle du flambeau, flamme du météore
Que fut Napoléon le Grand.

Ce fut à Saafeld, à ce combat tragique
Où l'ennemi vaincu fut refoulé par nous
Guindey, couvert de sang, farouche et magnifique
Vit un Prince de Prusse et lui dit : Rendez-vous !

L'autre répondit : « Non ! » et le frappant à la face
Le blessa, la riposte alors fut un coup droit
Et la mort fut donnée implacable et sans grâce
Par cet enfant du peuple à cet enfant de roi.

Son sabre pour tout bien, l'honneur pour toute règle,
Il combattit encore sept ans
Suivant le glaive au point, le sillage de l'aigle
Et les drapeaux levés et les tambours battants.

Il mourut à Hanau, l'attaque y fut brûlante ;
Quand le combat pris fin, aux abords de la nuit,
On retrouva son corps parmi l'herbe sanglante
Plus de six Bavarois tués autour de lui ... »

Le rapport sur la mort du prince Louis de Prusse au combat de Saalfeld (10 octobre 1806)

    Le chirurgien-major du 40e de ligne, Virvaux, fut chargé d’examiner le corps du prince Louis de Prusse et de faire un rapport pour le maréchal Lannes. On constate que le prince fut tué de plusieurs coups de sabre (dont deux coups mortels) par le maréchal des logis Guindey, de la compagnie d’élite du 10e hussards lors du combat de Saafeld le 10 octobre 1806.

« Cejourd’hui, 11 octobre 1806, à midi, je soussigné chirurgien-major du 40e régiment de ligne, membre de la Légion d’honneur, chargé du service de santé de la division, certifie m’être transporté à Saalfeld d’après l’ordre de M. le général de division Suchet, grand cordon de la Légion d’honneur, commandant la 1re division du 5e corps d’armée, à l’effet de constater les blessures qu’à reçues le prince Louis Ferdinand de Prusse à l’affaire d’hier, et qui lui ont causé la mort. Étant arrivé à l’église principal de Saalfeld accompagné de M. Viraux, capitaine du génie de la division, les gardiens des tombeaux des princes de Coburg nous ont, sur ma réquisition, fait descendre dans le caveau où on venait de déposer depuis une heure le corps du Prince, que j’ai reconnu être le même que j’avais vu à 6 heures du matin sur le champ de bataille, et dont j’avais admiré la beauté de la figure, le calme de la physionomie, le développement de la poitrine, joint à la forme régulière des membres dont les muscles très prononcés annonçaient beaucoup de force et de vigueur.

J’ai remarqué : 1° Une plaie superficielle de deux pouces d’étendue faite à la joue droite sur la pommette par un coup de sabre dont la direction était de haut en bas ; 2° Un coup de sabre à la partie supérieure du front du côté droit, ayant divisé obliquement les téguments, sans lésion de l’os frontal, la plaie ayant plus de deux pouces d’étendue ; 3° Une plaie transversale à la partie supérieure et postérieure de la tête, de cinq pouces d’étendue, produite également par un coup de sabre qui a divisé les téguments et lésé la première table des pariétaux ; 4° Un coup de sabre à la partie postérieure et inférieure de la tête porté de haut en bas et qui a fracturé l’occipital, la lame du sabre ayant pénétré la substance du cerveau, la plaie ayant six pouces d’étendue ; 5° Une plaie transversale de deux pouces et demi d’étendue à la partie antérieure et supérieure de la poitrine également par un coup de sabre, dont la lame ayant été dirigée sur son plat, a traversé cette cavité entre la 2e et 3e côte après avoir divisé une portion du sternum. La pointe du sabre a causé à la partie opposée de son entrée une grande ecchymose à l’endroit où elle a soulevé la peau sans la percer ; 6° Enfin un dernier coup de sabre sur le bras droit, un peu au-dessus de son articulation avec l’avant-bras, la plaie peu profonde se dirigeant obliquement depuis le coude jusqu’au pli du bras.

Ayant en suite visité les autres parties du corps, je les ai trouvées dans leur état naturel. En foi de quoi j’ai dressé le présent que j’ai rédigé sur la simple inspection des blessures sans aucune ouverture ni incision et avons signé. »

puce    Sources
  • Les campagnes napoléoniennes, d'Alain Pigeard (Tome 1, p. 236 et 237) et Iéna, Auersdaedt, le triomphe de l'aigle, de F.G Hourtoulle.



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